Couple: comment durer?

Développer le dialogue

C’est bien de se poser la question, car ça prouve qu’on a compris que ce n’est pas toujours gagné d’avance et que ça nécessite un effort qu'il est bon de décider à deux.

 

Il  paraît important de développer le dialogue, la communication profonde, pour découvrir des valeurs communes. C’est facile à dire et ça paraît évident. Eh bien non ! 

 

 

Plusieurs pistes possibles : 

 

Prendre du temps à deux

On a intérêt à prendre les moyens pour faire vivre son couple, prendre du temps à deux, se réserver des temps de communication ; ne pas hésiter à faire des petits gestes qui fassent plaisir à l’autre.

 

Par ailleurs, il est bon d’être conscient qu’il y a forcément des hauts et des bas ; il y a des cycles - l'arrivée du premier enfant, adolescence, la retraite… les cycles naturels et accidentels viennent éprouver le couple. 

 

Savoir qu’avoir des hauts et des bas est Habituel

Ne pas s’affoler de ces hauts et bas et se dire qu’il y a des solutions dans les moments difficiles. C" est d’ailleurs lors des premières difficultés qu’un couple met en place des solutions qui le rendent plus fort, comme un pacte mis en place au moment des premières secousses. 

 

Affronter les difficultés ensemble

C’est même ça qui fait le couple : s’organiser ensemble pour traverser les difficultés, plutôt que d’affronter l’épreuve chacun de son côté. 

Le couple durera si on veut qu’il dure mais il ne faut pas être idéaliste et croire que ça se fera sans effort. 

 

Avoir un projet de couple

Avoir un projet de couple paraît primordial ; le projet peut évoluer, mais il donne un sens, une orientation commune. "Un couple dure s'il a une cathédrale à construire" dit B. Cyrulnik. Attention, avoir des enfants n’est pas un projet de couple suffisant ; trop de couples en font l’amère découverte une fois les enfants partis de la maison. Ce projet est comme une vision de la vie, des relations entre les personnes, un sens que l’on donne à sa vie ; il s’édifie petit à petit.

 

Pour qu’un couple dure, il y a quelques ingrédients nécessaires, telle que la communion des esprits et des cœurs, c’est-à-dire apprendre le langage de l’autre (voir Gary Chapman, Les langages de l’amour, ed. Farel, 1997), comprendre ce qu’il entend quand je lui dis des choses, ne pas penser que la communication est un acquis. Hommes et femmes sont fondamentalement différents et il est bon de se poser parfois pour vérifier qu’on parle bien la même langue. L’harmonie charnelle est vitale également et en parler si l’un ou l’autre n’est pas satisfait sera réellement bénéfique. Quant à la gestion des conflits, préférer toujours la communication non-violente et surtout, franchir de longues périodes sans s’écharper, éviter les conflits ridicules. Les autres poisons pour le couple sont le mépris, le mur du silence, la critique systématique et la défensive perpétuelle (voir Les couples heureux ont leurs secrets : les 7 lois de la réussite, John Gottman).

 

 

Cette question a été débattue depuis l’aube de l’histoire. Le couple "naturel" est régi par des lois de la biologie qui n’ont guère évolué depuis les premiers humains et leurs cousins. Ces dernières avaient réglé la durée du couple parental sur la nécessité de nourrir, protéger et éduquer un petit entre gestation, allaitement et apprentissages minimaux par imitation des adultes. Dix huit à trente mois suffisaient, et notre système cérébral fait durer l’état amoureux de cette façon. Les Anciens avaient bien vu que cette durée n’était pas suffisante pour assurer une éducation véritablement humaine au sein d’une famille. C’est pourquoi, jusqu’au dix-neuvième siècle, les liens matrimoniaux n’étaient pas fondés sur l’attraction amoureuse. Aujourd’hui, quand les couples se forment sur la base de l’attraction amoureuse et non par des arrangements prévus par les familles élargies et les clans, nous observons une dissolution du lien conjugal dès la fin de cette période avec pour conséquence des séparations fréquentes, mais aussi, compte tenu des risques élevés de séparation, un frein à l’engagement à long terme en particulier des hommes dans la société occidentale.

 

De nombreuses études scientifiques ont montré que le choix du partenaire conjugal devait être effectué en fonction des valeurs communes et de caractères assortis, et non sur le sentiment amoureux, car ce dernier ne se manifeste en général pas sur ces bases, mais sur des critères plus "animaux".

 

Durer, pour un couple suppose d’abord que l’on est bien assorti et que les caractères ne soient pas trop discordants, que suffisamment de goûts soient communs pour assurer un vivre ensemble sans trop d’oppositions émotionnelles, mais ce choix raisonnable a peu de chance aujourd’hui d’être prépondérant face à la force émotionnelles de la passion amoureuse. 

 

Avant de choisir un conjoint il faut apprendre à le connaître, non pas dans les moments de séduction nécessairement superficiels et dans lequel chacun se présente à son avantage. Qui plus est, la passion nous rend aveugles aux traits moins flatteurs de notre partenaire. C’est en voyant chacun "à l’œuvre" dans la réalisation de ses objectifs de vie et dans le vécu de ses valeurs qu’on découvrira mieux sa personnalité. C’est souvent dans l’accomplissement de projets communs qu’on apprend à connaître l’autre, ses forces mais aussi ses faiblesses cachées dont il faudra tenir compte toute une vie.

 

 

Un couple sur le point d'interrompre sa procédure de divorce témoigne pourquoi ils en étaient arrivés là : tous deux reconnaissent que c’était un manque de communication.

 

 Voici ce que dit Véronique :

"Notre couple n’allait plus parce que nous ne partagions pas vraiment nos sentiments. J’avais commencé à me confier à mes sœurs et à mes amies plutôt qu’à mon mari. L’écart entre nous, à peine perceptible au début, se creusait. Quand nous nous sommes remis ensemble, j’ai décidé que je ne cacherais plus aucune de mes pensées à Thomas. Avant, je ressassais les aspects négatifs de notre vie de couple, mais j’exprimais rarement mes sentiments. En fait, je faisais le procès de Thomas sans lui donner la possibilité de se défendre. Maintenant, nous savons beaucoup mieux reconnaître quand l’un de nous rumine des pensées et nous posons des questions jusqu’à ce que cela vienne à la lumière. J’ai tendance à avoir des sautes d’humeur et quand j’ai un peu le cafard, je trouve difficile d’avoir une conversation parce que j’ai envie de me renfermer sur moi. A ces moments-là, il faut vraiment faire des efforts pour maintenir une vraie communication entre nous."

 

Voici ce dit Thomas.

"Pour moi, la cause principale de notre séparation a été le manque de communication authentique. Je me souviens avec quelle facilité on peut trouver normal de remplir l’air de paroles sans rien se dire vraiment. Actuellement, ce qui est préconisé, avec sagesse, c’est qu’il est impératif de tailler, dans nos horaires démentiels, un espace-temps pour le couple. D’après mon expérience, il ne suffit pas de délimiter cet espace. Il faut qu’il y ait communication authentique, et pour cela, il faut partager toutes les parties de notre vie, ce qui, dans mon cas, voulait dire les parties que je savais si bien garder cachées. En ce qui me concerne, ce n’est pas seulement du temps qu’il me faut, mais surtout du courage."

 

 Thomas et Véronique ont maintenant appris à préserver leur couple.


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